Après nous avoir hissées sur semelles rouges -enfin, celles qui n’ont pas froid aux pieds!-, le chausseur Christian Louboutin va s’essayer aux produits de beauté, qui auront, à l’instar de ses escarpins, je cite, “vocation à donner le pouvoir aux femmes”.
Donc, en résumé, pour gagner un pouvoir qu’elles n’ont manifestement pas (c’est ce qui est induit en tout cas), les femmes doivent non seulement s’exploser les orteils et le dos perchées sur des talons de 12 ou 15 cm, mais arborer des peintures de guerre… Vous avez dit égalité???
D’aucuns n’ont pas digéré la suite au Fouquet’s dans laquelle Nicolas Sarkozy célebrait sa victoire en 2007.
Quid alors des trois jets privés affrétés hier par notre nouveau Président pour aller de Paris à Brive et de Brive à Paris? Encore plus “bling bling” -et plus cher- qu’une chambre sur les Champs, non?
Une suite, trois jets… deux poids deux mesures, comme toujours.
Vu hier soir un spectacle qui, dans mon hit-parade du pire, brigue le podium. Si ce n’est la première place, devant certaines productions pornographiques et scatologiques de Jan Fabre et la fameuse Fledermaus qui clôtura, non sans fracas, la carrière par ailleurs tout à fait remarquable de Gérard Mortier à Salzbourg.
On aurait dû s’y attendre, cela dit: quand un metteur en scène éprouve le besoin d’expliquer ses intentions, de même que les critiques qui en rajoutent avec force références et citations, ce n’est jamais bon signe. Le théâtre, le vrai, se passe d’explications.
C’était à l’Odéon, théâtre subventionné. Et ce n’était pas du théâtre.
La belle Arielle Dombasle a enflammé le Châtelet hier, dans un concert unique et exceptionnnel dont on espère qu’il y en aura d’autres!
Généreuse, talentueuse, audacieuse, aguicheuse, sensuelle et surtout hyperféminine, la dame sait ce qu’est le glamour et comment on en use. Un spectacle visuel autant que musical (les costumes étaient de Jean-Paul Gaultier et les danseurs pas à dormir dans la baignoire), couronné, entre autres, par la nonchalence loufoque de Philippe Katerine en mongolfière argent sur babygros rose, et d’une interprétation de la paloma d’anthologie.
On dit bravo! Et on dit encore!
John Ford, c’est le challenger de Shakespeare, les rois et les reines en moins. Du coup, dépouillés des artifices du pouvoir, sans les ors et les couronnes, les travers des personnages n’en sont que plus probants… et plus réels.
Tous les thèmes du théâtre élisabethain sont là, l’amour, la famille, l’inceste, la religion et j’en passe, mis en scène par un Declan Donnellan au mieux de sa forme - décidément le genre lui réussit!-, et porté par une troupe de jeunes comédiens épatants.
Dommage qu’elle soit une putain? Ici, on en est plutôt contents!
A Sceaux, en anglais surtitré, jusqu’au 18 décembre.
Coup de coeur du Point, “17 filles ” où, reprenant un fait divers qui a eu lieu aux Etats-Unis, une bande de lycéennes font “rimer bébé avec liberté”. “Il s’agit de donner un sens à sa vie, d’oser très fort”, dit le papier. ” De dire merde aux parents qui lèguent un avenir pourri, merde aussi aux enseignants qui ne pensent que planning familial et distributeur de capotes, merde enfin aux garçons etc…”
Sauf qu’avoir un enfant ce n’est pas comme avoir un nouveau chien, et à 17 ans -concession bien pensante à l’âge acceptable pour se lancer dans une telle aventure, la réalité étant plus dans les 13, 14 ans- , c’est avant tout dire merde à sa propre vie!
Espérons que les gamines qui verront ce film ne s’identifieront pas trop au “casting de rêve”. Espérons que cela ne leur donnera pas des idées…
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