Glamour toujours

La belle Arielle Dombasle a enflammé le Châtelet hier, dans un concert unique et exceptionnnel dont on espère qu’il y en aura d’autres!

Généreuse, talentueuse, audacieuse, aguicheuse, sensuelle et surtout hyperféminine, la dame sait ce qu’est le glamour et comment on en use. Un spectacle visuel autant que musical (les costumes étaient de Jean-Paul Gaultier et les danseurs pas à dormir dans la baignoire), couronné, entre autres, par la nonchalence loufoque de Philippe Katerine en mongolfière argent sur babygros rose, et d’une interprétation de la paloma d’anthologie.

On dit bravo! Et on dit encore!

Dommage qu’elle soit une putain

John Ford, c’est le challenger de Shakespeare, les rois et les reines en moins. Du coup, dépouillés des artifices du pouvoir, sans les ors et les couronnes, les travers des personnages n’en sont que plus probants… et plus réels.

Tous les thèmes du théâtre élisabethain sont là, l’amour, la famille, l’inceste, la religion et j’en passe, mis en scène par un Declan Donnellan au mieux de sa forme - décidément le genre lui réussit!-, et porté par une troupe de jeunes comédiens épatants.

Dommage qu’elle soit une putain? Ici, on en est plutôt contents!

A Sceaux, en anglais surtitré, jusqu’au 18 décembre.

Hymne à la connerie

Coup de coeur du Point, “17 filles ” où, reprenant un fait divers qui a eu lieu aux Etats-Unis, une bande de lycéennes font “rimer bébé avec liberté”. “Il s’agit de donner un sens à sa vie, d’oser très fort”, dit le papier. ” De dire merde aux parents qui lèguent un avenir pourri, merde aussi aux enseignants qui ne pensent que planning familial et distributeur de capotes, merde enfin aux garçons etc…”

Sauf qu’avoir un enfant ce n’est pas comme avoir un nouveau chien, et à 17 ans -concession bien pensante à l’âge acceptable pour se lancer dans une telle aventure, la réalité étant plus dans les 13, 14 ans- , c’est avant tout dire merde à sa propre vie!

Espérons que les gamines qui verront ce film ne s’identifieront pas trop au “casting de rêve”. Espérons que cela ne leur donnera pas des idées…

Forsythe forever

Si vous voulez savoir ce qu’est la précision, si vous voulez découvrir que l’on peut danser aussi avec les bras, si vous voulez vous frotter à de nouvelles géométries, en un mot si vous voulez rêver au-delà des limites du corps et de l’esprit, courez-voir Artefact de William Forsythe à Chaillot. Avec la reprise de sa pièce culte, l’architecte de la danse nous éblouit une fois encore, et encore, et encore…

Encore!

Emotional Creatures

Après “Les monologues du Vagin”, qui, depuis des années et dans le monde entier, connaît le succès que l’on sait, Eve Ensler revient avec Emotional Creatures, une nouvelle comédie tirée du livre éponyme. Il s’agit ici de la féminité vue par les ados, qui revendiquent en chantant et en dansant leur liberté d’être femmes pour elles-mêmes et non pour séduire ou satisfaire ou appartenir aux hommes.

Une comédie où il est question d’anorexie, de sexe, de rap et de préservatifs, mais aussi d’excision, de viol, de l’absence du père… Des sujets graves abordés d’un ton léger, mais quand-même, servis par une bande de comédiennes exceptionnelles! Il faut y courir!

Ciné 13 Theâtre, jusqu’à fin octobre. En anglais surtitré.

A propos des Toxiques…

POLAR

LES TOXIQUES

DE VALÉRIE GANS

VIAGRA, BOTOX ET CHARDONNAY… UN SACRÉ RÉGIME.

C’EST QUOI ?

Un chirurgien esthétique a disparu, mais il continue à envoyer des textos

à sa maîtresse, à lui donner rendez-vous dans une chambre d’hôtel. Mélanie, journaliste

qui a une mère cougar et un amant photographe de mode, mène l’enquête

avec son rédacteur en chef. Les voici entre New York et Martha’s Vineyard, une île

plutôt calme, sauf quand on y pratique l’énucléation…

C’EST COMMENT ?

Valérie Gans tient les rênes d’une redoutable histoire de vengeance et

d’identité. La romancière et journaliste (notamment pour « Madame Figaro ») joue avec les

nerfs de son héroïne et de ses lecteurs dans un polar où le chardonnay coule à flots et où il

faut se méfier du Botox et du Viagra. Plus jamais, après avoir lu ses « Toxiques », vous ne

regarderez une cuillère à melon de la même manière !

ALEXANDRE FILLON

L’un viole, l’autre Viola.

Très expressif, le visage de DSK tout au long de l’affaire tristement éponyme. Il exprime tour à tour l’arrogance, l’accablement, la victoire, la satisfaction, en passant par la peur, la colère, l’épuisement… il a en magasin tout un registre de sourires, en entier ou en demi, avec ou sans les yeux, avec les dents ou sans les dents…

Cela me fait penser à un artiste dont la spécialité est d’immortaliser, en vidéo et même parfois en une mosaique de vidéos, l’expression des sentiments humains sur le visage, et qui trouverait sans doute là matière à une grande oeuvre . Cet artiste se nomme… Bill Viola.

Ironique, non?

Pédale douce

Le problème de l’homosexuel qui, parce qu’il a un nom ou une fortune ou les deux, et estime qu’il a de ce fait une position sociale à tenir (!) qui l’empêche d’afficher ses réels penchants (c’est dire si le monde, ou leur vision du monde, est encore et toujours homophobe!), le problème c’est qu’il va se comporter à l’égard des femmes comme le nouveau riche à l’égard des oeuvres d’art: n’ayant ni goût ni connaissance en la matière, mais se disant qu’il faut qu’il en possède pour tenir son rang, il optera pour le plus cher et le plus clinquant, en pensant que, forcément, c’est ce qu’il y a de mieux.

Les stars d’Hollywood font ça aussi, lorsqu’il s’agit de leur petit intérieur.

Bref, une certaine vidéo qui a ému le web, où la dame a les tenues de qui monnaie ses charmes et où l’homme s’essuie la bouche après chaque simulacre de baiser, au lieu de servir le protagoniste le ridiculise, et dit exactement le contraire de ce qu’elle était censée prouver. Une mention spéciale cependant pour les stylistes, à qui l’on doit les tenues assorties des “tourtereaux”.

Botokoons

Croisé l’autre jour une femme jadis très belle et aujourdhui très botoxée qui m’a fait penser au caniche de Jeff Koons!

Si l’animal est le meilleur ami de l’homme, le botox n’est pas toujours le meilleur ami de la femme…

Venet voir!

Bernar Venet met Versailles entre parenthèses! Façon de parler bien sûr, mais c’est la première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on voit le palais du Roi Soleil encadré de ces deux lignes monumentales, qui s’élèvent jusqu’au ciel comme, oui, de majestueuses parenthèses.

Parenthèses qui mettent en exergue la magie du lieu, lui conférant un brin de modernité. L’acier souligne l’or, l’or fait chatoyer l’acier.

D’aucuns diront que Versailles est tellement immense qu’aucune immensité ne lui arrive à la cheville. Celle de Bernar Venet pourtant, qui ne cherche pas à lutter par la forme mais s’intègre par l’esprit, atteint de belles hauteurs. A voir absolument sur la place d’armes et dans les jardins… pour une fois qu’on y expose pas des nounours!